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Locataires·5 min·28 février 2026

Bien sélectionner ses locataires

Les critères légaux et pratiques pour choisir les bons locataires, en respectant les droits de la personne et les lois provinciales.

Choisir le bon locataire est la décision la plus importante que vous prendrez pour chacun de vos logements. Un mauvais locataire peut coûter des milliers de dollars en loyers impayés, en dommages et en frais juridiques. Un processus de sélection rigoureux, bien documenté et légalement conforme vous protège et vous permet de trouver des locataires fiables.

Critères légaux et illégaux

La Charte des droits et libertés de la personne du Québec — et les équivalents provinciaux dans le reste du Canada — interdit catégoriquement de refuser un candidat en raison de motifs protégés.

  • Interdit : race, couleur, origine ethnique ou nationale, religion, sexe, grossesse, orientation sexuelle, état civil, âge, handicap, condition sociale, situation familiale
  • Autorisé : capacité financière (revenus, historique de crédit), comportement antérieur comme locataire, fiabilité démontrée par les références
  • Zone grise : exiger un cosignataire peut être légitime si le revenu est insuffisant, mais ne peut pas être utilisé de façon discriminatoire

Documentez vos décisions

Si vous refusez un candidat, notez par écrit les raisons objectives et légales : revenu insuffisant (montant précis), mauvaises références, mauvais crédit (cote précise). Cette documentation vous protège si une plainte est déposée à la Commission des droits de la personne.

Le rapport de crédit

Un rapport de crédit vous donne une image objective de la fiabilité financière d'un candidat. Vous pouvez utiliser des services spécialisés comme Certn ou SingleKey, qui compilent crédit, vérification d'identité et historique locatif en un seul rapport.

Ce que vous cherchez : une cote de crédit de 650 et plus est généralement satisfaisante. Des paiements manqués récents, des dettes en collection ou un historique de faillite sont des signaux importants. Interprétez toujours le crédit dans son contexte.

  • Obtenez toujours le consentement écrit du candidat avant de commander un rapport
  • Faites payer les frais du rapport au candidat si votre processus le prévoit (informez-le à l'avance)
  • Conservez les rapports de façon sécurisée et ne les partagez pas

La vérification des revenus

La règle générale : le revenu mensuel brut du locataire devrait être au moins 2,5 à 3 fois le montant du loyer. Pour un loyer de 1 200$, vous cherchez un revenu mensuel brut d'au moins 3 000 à 3 600$.

Documents acceptables : lettres d'emploi confirmant le poste et le salaire, talons de paie des deux derniers mois, avis de cotisation de l'ARC pour les travailleurs autonomes, relevés bancaires des trois derniers mois.

Les références de propriétaires

Les références d'anciens propriétaires sont souvent plus révélatrices que le crédit. Appelez directement et posez des questions précises : le locataire payait-il à temps ? A-t-il respecté le logement ? Recommanderiez-vous de le louer à nouveau ?

Les signaux d'alarme

  • Presse pour signer immédiatement sans vouloir attendre les vérifications
  • Histoires évasives ou changeantes sur son précédent propriétaire
  • Refuse de signer le formulaire de consentement pour le rapport de crédit
  • Propose de payer plusieurs mois d'avance en argent comptant
  • Le logement de référence est au nom d'un ami ou d'un membre de la famille, pas d'un vrai propriétaire
  • Revenu annoncé difficile à documenter ou incohérent

La décision finale

Si plusieurs candidats sont qualifiés, choisissez selon des critères objectifs et documentés. La clé est la cohérence : appliquez les mêmes critères à tous les candidats. Informez rapidement les candidats non retenus — un processus transparent et professionnel protège votre réputation.

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